À huit ans, Yohan vendait des tickets de manège sur la fête foraine. Aujourd’hui, il fait tourner la roue de la mode, à sa manière : libre, authentique, avec une marque « U MASCIU » qui porte haut ses valeurs. Entre insularité, audace et vision affûtée, rencontre avec un créateur qui fait rimer vêtements avec manifeste.
Il y a ceux qui suivent la mode, la saison, la tendance. Et puis il y a Yohan. Lui, il a préféré l’écouter, sa petite voix. Celle qui murmurait depuis l’enfance qu’un t-shirt n’est jamais qu’un tissu, mais un manifeste.
Né dans l’univers forain, à vendre des tickets de manège à huit ans pendant que d’autres construisaient des châteaux de sable, Yohan a toujours su que la liberté ne s’achète pas : elle se construit.
C’est sans doute pour ça qu’il a fini par créer U MASCIU, une marque à son image : authentique, un brin rebelle, et furieusement habitée.
Un rêve d’enfant, taillé sur mesure
Derrière U MASCIU, il y a Yohan Sainte-Rose. Mais pas un autre Yohan que celui qu’on voit à travers sa marque. Non : Yohan vit sa marque, la respire, l’incarne. Impossible de séparer l’homme de son projet, tant U MASCIU est pour lui une extension de sa personnalité : brute, bienveillante, authentique, stylée, tout comme lui.
« Quand je ne parle pas de ma marque, je la vis »
Ce rêve d’enfant, né bien avant les tendances TikTok et les capsules streetwear, a mis des années à s’affiner. Petit, il rêvait déjà d’habiller les autres, de leur transmettre une façon de se différencier. Pour lui, la mode, ce n’est pas suivre une influence, c’est cultiver la sienne.
« Suivre les tendances, c’est porter un uniforme »
Sa mission : casser l’uniforme et réveiller le style, comme on relève un plat. Lui préfère filer la métaphore culinaire, et composer sa propre recette, ingrédient secret compris.


U MASCIU : Plus qu’une marque, un art de vivre
Dans le vestiaire U MASCIU, chaque pièce est une prise de position. On y croise Napoléon Bonaparte brodé sur le modèle IMPERATORE, la figure du bandit corse réinterprétée, des couchers de soleil corses magnifiés en visuel, ou encore l’expression locale Monta Sega, clin d’œil à ceux qui se la racontent un peu trop.
Chaque modèle est un petit totem, raconte une histoire et parle à ceux qui osent l’assumer. C’est à la fois clin d’œil à l’île et coup de griffe à la mode mainstream.
Pas d’extravagance inutile, mais un sens du détail assumé : signatures brodées, bordures usées à dessein, et visuels cachés dans le dos, comme pour dire qu’on ne révèle jamais tout d’un seul coup… parce que le style, selon Yohan, doit se révéler en douceur, sans tout dire d’un coup.
Porter du U MASCIU, c’est affirmer qui on est, sans avoir besoin de crier.
Entre prix de la liberté et galères
Son projet, Yohan l’a bâti seul.
Pas de levée de fonds clinquante ni de business angels à l’horizon : juste du courage, de la patience, et la certitude que la différence se cultive. Entre sourcing, production locale, gestion de l’e-shop, réseaux sociaux, partenariats, Yohan est sur tous les fronts.
“Gérer tout, tout seul, c’est le plus dur, mais aussi le plus challengeant .”
Bien sûr, il y a eu des envies de tout plaquer, des soirs de doute où l’énergie flanche. Mais le soutien de ses proches, et surtout celui de ses clients, devenus de véritables ambassadeurs de sa vision, l’a aidé à tenir.
“Voir mes pièces portées, attendues, aimées, c’est un boost incroyable !”
On sent chez lui cette capacité rare à transformer la frustration en essence, à transformer l’attente en motivation. Parce qu’il sait que l’aventure est longue, et que la réussite, la vraie, se mesure au chemin plus qu’à la ligne d’arrivée.





Une identité insulaire et solaire
Si Yohan a posé ses valises en Corse, ce n’est pas un hasard. Il parle d’un véritable appel, presque spirituel. Son environnement, l’île, le soleil, l’insularité qu’il porte aussi dans ses racines martiniquaises, nourrissent son imaginaire et ses créations.
“Je suis un enfant du soleil !”
De Biguglia, où il fait produire ses modèles dans un atelier partenaire, à Ajaccio où il vit, Yohan entretient une relation de proximité avec ses partenaires, soucieux de rester réactif tout en limitant l’empreinte carbone de son aventure.
Dans son atelier près de Bastia, il pilote la production avec une obsession : le local, la proximité, la réactivité. Derrière chaque pièce, un parti-pris : produire moins, mais produire mieux. Et surtout, permettre à celui qui la porte de se sentir… libre.

Demain, toujours plus haut
Yohan n’a pas l’intention de s’arrêter là. Dans deux ans, il rêve d’une boutique à lui, physique, où la marque U MASCIU pourra respirer à plein poumons. Il imagine aussi un Pop-Up Store pour aider d’autres créateurs à émerger, et un accompagnement des jeunes talents. Parce que le succès, pour lui, n’a de valeur que s’il est partagé.
“Si j’avais un budget illimité, je développerais des projets qui permettent aux créateurs d’exprimer leur potentiel ..”
Il se voit comme un passeur d’énergie, prêt à transmettre ce qu’il a compris : oser, faire, se planter, recommencer.
Et si l’aventure devait s’arrêter demain ? Il en tirerait une seule conclusion : oser, même imparfaitement, c’est toujours mieux que de rêver sans agir.
Un modèle unique, pour un homme unique
Une fois, une cliente est venue lui commander un modèle hors collection pour son mari. Une pièce unique, rien que pour lui. Yohan, fidèle à ses principes, n’a pas hésité une seconde à le produire spécialement pour lui.
“Là encore, je joue la carte de l’unicité.”
Car U MASCIU, c’est ça : transformer chaque vêtement en manifeste, un langage muet qui parle haut et faire de chaque vêtement un porte-voix ! Pour Yohan, la réussite n’est pas une ligne d’arrivée mais un chemin où chaque couture compte. Et c’est avant tout faire vibrer ses rêves, sans les trahir.
“Réussir, c’est avoir tout donné pour accomplir un rêve, avancer avec ambition, bienveillance et persévérance. Plus on aligne ce qu’on fait avec nos valeurs, plus la vie nous guide.”
Et si la mode pouvait réconcilier le style et le sens ?
Peut-être que Yohan, avec sa vision cousue d’authenticité, en est déjà la plus belle preuve.
Pour la suite ? On imagine sans peine cet homme, une casquette vissée sur la tête, son logo en étendard, toujours prêt à réinventer les codes, et à habiller, encore et encore, celles et ceux qui refusent de se fondre dans le décor.
En attendant, ses modèles se dévoilent au Pop-Up Store, au 10 rue Maréchal Ornano, à Ajaccio, jusqu’au 23 juillet 2025. Et pour tout dire, ça lui va plutôt bien d’être exposé là : au milieu de la ville, mais jamais dans la masse.
Yohan Sainte-Rose
CEO de U MASCIU
Instagram : @umasciu.conceptstore
Boutique : U MASCIU CONCEPT STORE
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Paroles de renard. 🦊