Tracy Brauer, la lame au cœur de la saga The Synner

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Il arrive que certaines voix percent le tumulte du monde non pas en criant plus fort que les autres, mais en traçant leur propre sillon, quelque part entre l’acier et l’encre. Tracy Brauer est de celles-là.

Ancien militaire, joueur invétéré, amateur d’armes blanches et conteur habillé de pixels, il répond aujourd’hui au nom de Nooburai. Un pseudonyme né d’un clin d’œil familial, d’une moquerie tendre, devenue avec le temps un totem.

« Le samouraï des noobs », disaient ses frères. Une moitié débutant, une moitié guerrier. Le contraste parfait pour incarner la dualité de son œuvre.

Car à l’intérieur de sa saga The Synner, chaque décision compte. Chaque coup d’épée pèse. Chaque silence est pensé.

Des lames et de la mémoire

Tracy ne théorise pas les symboles. Il les vit. L’épée, chez lui, n’est pas un accessoire d’esthète ou un simple artefact de fantasy. C’est une mémoire vivante. Une transmission fraternelle.
Un objet forgé dans l’intime.

Son frère Michael était forgeron. Tracy, lui, jouait le rôle d’apprenti. De testeur d’armes. D’enfant-lame.
Il étudiait les manuscrits anciens, mimait les gestes, et ponctuait ses coups de woom bruyants à la Star Wars.
Toujours au grand désespoir de son frère, et à son propre éclat de rire.

Mais derrière le jeu, il y avait déjà une conscience.

« Une épée, pour moi, c’est comme saisir un morceau d’Histoire. Mais ce que tu choisis de faire avec ce pouvoir, et la manière dont tu gères tes impulsions égoïstes, c’est souvent ce qui détermine si tu la mérites. »

Dans ses récits, les armes ne sont pas là pour décorer. Elles révèlent.
Ce sont des boussoles morales, des miroirs tendus aux héros.

RPG, fanfiction et renaissance

L’histoire commence comme un hommage. Une fanfiction de The Witcher, écrite par passion, nourrie par le désir de s’immerger plus profondément dans l’univers de Geralt. Mais au fil des pages, une question s’impose :
Pourquoi ne pas créer un monde à soi ?

Ce qui était un jeu devient architecture. Ce qui était un passe-temps devient obsession.

Il écrit. Il construit. Il développe. Et puis, il part. L’armée.
Le manuscrit reste en suspens…

Cinq ans plus tard, il le rouvre. Et ce n’est plus le même regard qui lit les mots.

Revenir sur le manuscrit après cinq ans dans l’armée m’a fait prendre conscience à quel point j’avais changé depuis 2017. C’était presque comme si je lisais une perspective complètement différente sur le monde et sur les gens.”

Ce n’est pas une posture. C’est une ligne de faille.
Tracy n’écrit pas pour briller. Il écrit pour rester debout. Pour tracer une carte intérieure, page après page.

Et dans chacune, une mèche du combat brûle encore.

Chaque héros est un fragment de lui

Thoma, son protagoniste, est le plus proche de lui. Mais chaque personnage porte une bribe de son passé, de ses douleurs ou de ses questions. Certains dialogues sont directement inspirés de scènes vécues. Certains épisodes lui ont demandé de s’arrêter net, le souffle court. Parce que l’émotion remontait trop fort. Parce que l’écriture touchait quelque chose de réel.

Et ce n’est pas fini. Le quatrième tome, Path of the Wraithborn, revient sur une scène clef du prologue du tout premier livre. Une scène tirée, dit-il, d’un souvenir d’enfance qu’il n’a jamais vraiment oublié.

“C’est peut-être une comparaison étrange, mais c’est comme ça que je vois ces personnages : ce sont comme des versions plus jeunes de moi que je dois guider, parfois.”

Ce qu’il construit, ce n’est pas juste une épopée. C’est une forme de transmission camouflée sous l’armure du fantastique.
Un legs intime, qu’il confie à ceux qui savent encore écouter entre les lignes.

Entre pixels et cicatrices

Chez Nooburai, les jeux vidéo ne sont pas des clins d’œil pour initiés : ce sont des fondations.
Ce n’est pas l’univers visuel qui l’inspire, mais la structure des récitsla gestion du choixla logique des conséquences.
Ses romans se lisent comme on traverse une partie de Dungeons & Dragons : avec prudence, intuition, et la conscience qu’aucune décision n’est neutre.

“Je tire une grande partie de mon inspiration de la manière dont les jeux vidéo, les anime et les livres sont construits…. Je suis inspiré par des jeux comme The Witcher, Baldur’s Gate, Mass Effect, Dungeons & Dragons, et même Dishonored. ”

Mais ce qu’il cherche surtout, c’est le rythme caché dans les replis. L’émotion contenue.
Il aime les récits qui laissent respirer les silences. Les dialogues qui pèsent. Les lenteurs fécondes.

Son style est tendu comme une corde de katana. Il marche sur la ligne fragile entre le genre et l’intime, entre la quête et le vertige existentiel.
Et dans ce jeu-là, ce n’est pas le joueur qui gagne, c’est celui qui comprend.

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Le sabre, le soldat et l’homme

Après l’armée, Tracy traverse une période où la lumière ne passe plus. L’après n’a rien d’héroïque. C’est lent, opaque, parsemé de silences trop lourds.
Il s’en sort. Pas seul. Grâce à des voix, des présences, des gestes qui lui tendent la main. Et grâce à l’écriture, comme une arme qu’il apprend à manier autrement.

Je serais ingrat envers ceux qui m’ont soutenu si je ne trouvais pas un moyen de transmettre ce qu’ils m’ont appris...”

Alors il écrit. Non pour expliquer. Mais pour partager ce qu’il reste quand on a tout perdu, puis reconstruit.
Il ne délivre pas de vérité. Il ouvre un passage.
Ses livres ne promettent pas l’évasion. Ils sont des balises pour ceux qui marchent encore dans la brume.
Des héros cabossés, des scènes rudes, des choix déchirants, et toujours, quelque part, une sortie. Même étroite. Même fragile.

La métamorphose d’une saga

En ce moment, il réécrit le premier tome, The Synner: Weavings of Fate, pour en livrer une seconde édition. Pas par perfectionnisme vide, mais parce que l’histoire a grandi. Parce que lui aussi.

“Je n’ai pas d’éditeur. Je fais tout moi-même. Je voulais que cette nouvelle version soit plus fluide, plus cohérente avec la suite.”

La Seconde Édition paraîtra officiellement mi-juillet, mais les lecteurs les plus curieux peuvent déjà en suivre la publication, chapitre après chapitre, chaque mercredi, sur la plateforme Tapas.
Et pendant ce temps, dans l’ombre du clavier, le quatrième tome se prépare – Path of the Wraithborn – prévu pour octobre.
Un tome-pivot. Celui qui éclaire les zones d’ombre. Celui qui revient au point de départ pour mieux comprendre la chute.

À travers tout cela, Tracy garde une promesse, presque murmurée mais solide.

Une ligne invisible, tendue depuis le tout début :

Je vous promets que tout cela finira par faire sens.

Et on le croit. Parce que tout, chez lui, finit par converger. Même les silences.

Hymne final, là où commence Nooburai

Il y a des œuvres qu’on lit avec les yeux. Et puis il y a celles qui se perçoivent avec tout le reste : la peau, l’oreille, la mémoire, les cicatrices.

L’univers de Nooburai n’est pas fait pour tout le monde. Il ne se donne pas, il se mérite. Il ne cherche pas à plaire, il cherche à rassembler ce qui a été brisé.

Son monde se tient à la croisée d’un souffle orchestral, d’une ironie discrète, et de cette odeur singulière que l’on reconnaît sans pouvoir la nommer : celle du recommencement. Pas d’explosion héroïque. Pas de leçon criée.
Seulement ce moment où la pluie s’arrête… et où l’on sent que quelque chose va basculer.

Ce n’est pas un univers où l’on s’évade. C’est un endroit où l’on revient à soi.

Il a les arêtes d’un sabre, la douceur d’un silence bien placé, l’âpreté d’un chemin qui ne promet rien d’autre que d’être vrai.

Car derrière les pages et les quêtes, il y a un homme. Pas un prophète, pas un modèle.
Un guerrier en équilibre : tantôt samouraï, tantôt errant, toujours humain.
Quelqu’un qui sait que marcher, c’est déjà résister. Et écrire, c’est ne pas trahir ce que l’on a vécu.

Lire ses livres, c’est toucher du doigt un monde qui vous jauge avant de vous accueillir. Un monde où chaque personnage est une version inachevée de nous-mêmes.

Tracy Brauer
Créateur de la saga The Synner

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Paroles de renard. 🦊

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