Mykez n’a pas besoin de scène pour occuper l’espace : il est ce genre d’artiste qu’on remarque sans trop savoir pourquoi, mais dont on se souvient très bien. Il a ce truc rare : la parole facile sans jamais être creuse. Un sourire franc, le genre qui te donne envie de parler univers, spiritualité ou sentiment, même si t’étais juste venu pour demander ton chemin.
Le son comme miroir
Mykez se décrit avec une palette de couleurs. Sa musique est multicolore, pleine d’émotions brutes, de rythmiques variées, entre RnB, house, funk. Il parle de ses joies, de ses douleurs, de ses rêves, avec la sincérité de ceux qui n’ont rien à prouver. Chaque morceau est une humeur, un fragment d’intimité.
« Ma musique peut te faire sourire ou pleurer. C’est une palette d’émotions. »
L’histoire commence tôt. Il chantait, il dansait, et à 12 ans, le rap entre dans sa vie. Disiz, la Sexion d’Assaut. Des morceaux en boucle dans ses écouteurs, des textes dans son téléphone. Puis Carmelo, un ami de collège, déclenche la suite : un freestyle un peu chaotique, une prod YouTube, deux phrases balbutiantes. Mais l’étincelle est là.
« Le premier morceau parlait de mes potes, du Nord. Il avait l’odeur de l’insouciance. »
Ce qu’il cherche, ce n’est pas la technique froide. C’est le frisson. Un bon texte, c’est un souvenir qui remonte, un corps qui bouge, un cœur qui serre.
Mykez de son prénom Keziah, vient du Nord. Il a gardé les paysages humbles, les liens forts, l’envie d’explorer sans se renier. Aujourd’hui encore, il cherche une instru sur YouTube, écoute en boucle, écrit « line by line » dans la chambre d’un pote ou sous les néons tamisés du Moon Rock Studio.


Des vinyles et des frères
Ses objets les plus précieux ? Des CDs et vinyles, sans valeur marchande particulière mais chargés d’histoires, de souvenirs, de morceaux de lui. Ils matérialisent son lien sacré avec la musique.
Et quand on lui demande ce qu’il rêve d’écrire, il pense à Youssoupha. « Niquer ma vie », un texte dense en émotions, entre désillusion et amour. Il aimerait écrire comme ça. Toucher à cette vérité brute qui dérange autant qu’elle élève.
« Un bon texte transmet des émotions fortes. C’est tout ce que je veux. »
Ses vinyles sont rangés quelque part. Inutiles peut-être, mais essentiels pour lui. Comme des talismans, ils racontent son amour de la musique, ses souvenirs, les gens passés.
Et puis, il y a cette phrase qu’il n’a jamais écrite, ce morceau qu’il n’a pas encore sorti. Ce moment où il chantera, pleinement, avec cette fragilité qu’il aime tant chez les autres artistes. Un jour, peut-être.
Mais le plus précieux pour Mykez, c’est son rôle de capitaine. Et oui, il ne rappe pas pour briller. Il rappe pour tenir debout. Il est l’aîné d’une fratrie. Il fait les courses, les repas, les équilibres. Il s’engage discrètement mais solidement. Comme un beat qui tape juste sans faire de bruit.
Un frère avant tout. Pas besoin de grands discours pour être fiable. Il l’est. Et dans tout ça, le hip-hop l’a structuré. Il parle de respect, de partage, de loyauté. Des valeurs transmises par ses parents, consolidées par les concerts, les festivals, les moments de fête… et même ceux de douleur. Et il tient à le transmettre à ses frères.
Le silence comme point de départ
Mykez n’a pas de rituel, il ne calcule pas. Quand une prod l’appelle, il répond sans filtre et sans stratégie car le besoin l’appelle. Il écrit pour lui, mais en pensant aux autres. Aux gens autour. À ceux qu’il aime. Aux souvenirs qui laissent des traces.
Parfois il écrit sans instru, parfois il enregistre ligne par ligne. Pas de rituel, juste une attention flottante et une authenticité totale. Même le silence devient complice.
« Le silence me pousse à l’imagination. Il peut être bénéfique… ou destructeur quand il vient de ceux qui nous entourent. »

Et le silence, dans tout ça ? Il ne lui fait pas peur. Il en a besoin pour imaginer, rêver, construire.
Mais il le redoute aussi quand il vient des autres, quand les liens se figent et que les non-dits blessent plus qu’un mot de trop.
Il n’a pas honte de ses anciens morceaux. Juste un regard tendre sur des versions passées de lui-même.
Parce que Mykez écrit en pensant à sa famille aussi : « Ils peuvent tomber sur mes morceaux à tout moment, donc je filtre ce que je dis. Pas pour censurer, mais pour rester aligné. »
Et s’il fallait tout arrêter ? Le plan A ou le plan B ..
Aujourd’hui, la musique n’est pas son métier. C’est une colonne vertébrale. Actuellement, il évolue dans le management, la vidéo et son quotidien déjà bien chargé. Il sait que l’art peut prendre son temps. Que l’accomplissement n’est pas forcément sur Spotify, mais dans les regards de ceux qu’il touche.
« Je fais de la musique pour moi », dit-il.
Mais il veut être écouté, pas forcément compris.
Et c’est peut-être là que réside sa force : dans cette ambiguïté assumée. Ce besoin de marquer, sans forcer. De laisser une empreinte dans les moments de fête, mais aussi dans les failles. Un refrain au bon moment peut changer une journée. C’est peut-être pour ça qu’il continue.
Mais s’il peut un jour vivre de sa musique, il n’hésitera pas. Pas pour la gloire, mais pour le partage.
« J’aimerais marquer les gens. Être là dans leurs moments de joie… ou de doute. »
Il sait que ses sonorités peuvent surprendre. Il chante de plus en plus, il ose des directions nouvelles. Certains décrochent. Tant pis. Il ne veut pas plaire, il veut exister pleinement.
« J’aimerais pouvoir marqué les gens avec ma musique m’inscrire dans leurs moments de joie mais aussi dans les moments de doute. J’espère pouvoir influencer certain artiste à mon échelle. Dans le choix d’instrumentales mais aussi dans mes prestations sur scènes. »

Ce que Mykez laissera
Un son, un sourire, un souvenir et un goût de liberté. Il n’a pas besoin d’être compris. Il veut être entendu. Et c’est déjà beaucoup. Parce qu’en vérité, Mykez ne cherche pas le buzz. Il cherche à laisser une trace, une émotion et un écho dans un moment de vie.
Et peut-être une scène, où quelqu’un, un jour, dira : « C’est lui qui m’a inspiré. » Pas pour qu’on dise “il est bon”, mais pour qu’on dise “il m’a touché. » Tout simplement parce qu’il était vrai.
Insta : @mykez_kez
Snap : @mykez367
Découvre aussi, Coline Metra : Le souffle d’une voix libre, note après note.
Paroles de renard. 🦊